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22.09.15 | Brest à la pointe de la Ligue 2

On connaissait les téléphones, les montres ou les voitures connectées... Au tour des joueurs ! Si la technologie est répandue dans le rugby ou dans le football européen, très peu de clubs y ont recours en Ligue 1. Le Stade Brestois fait même office de pionnier en la matière en Ligue 2. Les joueurs sont équipés d’une ceinture au torse. Suivi du stress et de la récupération, mesure d’impact d’entraînement, fréquences cardiaques, plus rien n’échappe à l’œil du préparateur physique, Anthony Grech-Angelini.

"Le but est de valider ou non notre impression sur l’état de forme du joueur ».

« Anthony, comment as-tu connu cette technologie ?

J’ai découvert ce produit en échangeant avec d’autres préparateurs physiques de clubs de L1 en France ou d’autres à l’étranger. Le principe du monitoring et du suivi de la charge en temps réel, c’est quelque chose qui m’intéressait depuis pas mal d’années mais cela représente un coût... En France, très peu de clubs de Ligue 1 l’utilisent. Par contre, dans le Top 14 (rugby) cela s’est démocratisé. Dans le foot, on retrouve ce système couramment en Italie, en Allemagne et en Angleterre.

Quels sont les objectifs de ces analyses ?
C’est la volonté d’avoir un suivi de l’entraînement beaucoup plus précis et pointu. Les objectifs sont clairs, il s’agit de quantifier la charge de travail non plus de façon subjective, c’est-à-dire au ressenti du staff ou du joueur, mais avec des critères objectifs. Cela nous permet une individualisation de l’entraînement et également une meilleure prévention des blessures. Si un joueur a une baisse de régime, cela va nous alerter sur son état de santé général par exemple.

Après 2 mois d’utilisation, quel est ton ressenti ?
25 joueurs sont suivis en télémétrie sur 80 % des séances. Pour le moment, j’amasse des données. Cela m’aidera à faire mon travail d’analyse sur la durée. Cela prend du temps. Certains clubs ont créé des postes exclusifs à l’analyse de performance. Malheureusement, il me manque les données sur les matches. Contrairement au rugby, c’est interdit de porter les appareils en championnat.


Comment cela a-t-il été reçu par les joueurs ?

Relativement bien. J’ai une relation de travail très saine avec eux. C’est devenu une habitude pour eux de s’équiper avec la ceinture au niveau du torse. Ils ont la sensation de professionnaliser encore plus leur travail. C’est un outil d’analyse de la performance, c’est ça qui leur plait. On fait très peu de comparaison d’un joueur à l’autre. C’est un suivi personnalisé dans le temps.

Les résultats peuvent-ils avoir une influence dans les choix d’Alex Dupont ?
Absolument pas. C’est quelque chose qui passe largement après son avis. Le but est avant tout de valider ou invalider notre impression sur l’état de forme d’un joueur ».

 

 

Manu Pérez : « Curieux de voir mes statistiques »

« Ça me plait, ça permet d’avoir des repères dans mes efforts et ma récupération. Je suis curieux de voir mes statistiques après chaque séance, surtout lorsque l’on fait du travail physique. Avec ce logiciel, le staff connait mieux le potentiel physiologique de chaque joueur. Pour être performant, il faut connaitre son corps et ses limites. Et les limites, c’est toujours intéressant de pourvoir les repousser... »