basket dailymotion facebook home instagram play ticket twitter youtube

10.05.16 | Yvon Kermarec : « Je n’ai qu’un regret… »

Ce mardi, Yvon Kermarec a été remplacé par Denis Le Saint à la présidence du Stade Brestois. Soutien du club depuis 1981, il en restera actionnaire et toujours un fervent supporter. Après un mandat de trois ans, durant lequel il n’aura fait confiance qu’à un seul entraîneur, Alex Dupont, il passe donc la main avec un seul vrai regret, celui de n’avoir pas vu le SB29 retrouver la Ligue 1. Il se montre en tout cas extrêmement confiant dans l’avenir de ce club qu’il a dans la peau.

« Yvon, pourquoi avoir décidé de passer la main et de quitter la présidence du Stade Brestois ?
En 2013, j’avais décidé de prendre la présidence du club parce que c’était une période très difficile après une relégation de Ligue 1 et avec des conditions financières très compliquées. Je ne voulais pas abandonner le navire. J’avais alors dit, au moment de prendre la suite de Michel Guyot, que c’était pour trois ans. Je savais que compte tenu de mon âge, je ne pouvais pas m’inscrire dans une durée trop importante. Il faut savoir passer à autre chose. Je suis au club depuis 1981 donc ça fait un bon bout de temps que j’accompagne le Stade Brestois dans ses joies et ses douleurs.

Êtes-vous content de cette expérience ?

Ça a été très riche dans beaucoup de domaines, très douloureux dans d’autres. On est passés par de nombreux états d’âme, des joies, de la tristesse, des espoirs, de la déception... Je n’ai qu’un regret, c’est celui de ne pas avoir fait remonter le club dans l’élite.

Vous confirmez que ce poste exacerbe les émotions ?
Les gens qui me connaissent savent que je suis quelqu’un de très affectif et c’est vrai que le soir de certaines victoires, j’avais la larme à l’œil, parfois en revanche c’était plutôt de la colère. Cette année par exemple, je savais que la saison serait difficile pour plein de raisons. La dernière nous avait laissés entrevoir beaucoup de satisfaction et un éventuel retour en Ligue 1. Il s’en était fallu de pas grand-chose et de quelques grains de sable dans les rouages. En tant que président, on vit en tout cas toutes ces choses-là à fond.

Durant votre mandat, un homme a été important, c’est Alex Dupont...
Je tiens toujours parole. Quand je me lance dans un projet avec quelqu’un, je vais jusqu’au bout des choses, sauf si certains éléments m’obligent à revenir sur mes engagements. Ça n’a pas été le cas avec Alex. Il était attendu par l’ensemble des partenaires et une grande partie des supporters brestois. Il était un élément important pour refidéliser l’ensemble des Brestois derrière son image, on l’avait vu dès son arrivée avec la campagne d’abonnements. Il avait dû reconstruire une équipe. Les débuts avaient été difficiles mais il est arrivé à de belles choses ensuite alors que beaucoup de gens nous voyaient descendre en National. On avait trouvé les ressources pour faire une poule retour exceptionnelle et enchaîner au point d’avoir été en 2014 l’équipe qui avait engrangé le plus de points en Ligue 2. On aurait évidemment préféré que ce soit sur une saison sportive...

Vous quittez la présidence mais gardez-vous un pied au club ?

Oui, je reste actionnaire. Je tourne la page du Stade Brestois mais il était important que je puisse confier les destinées du club à un patron jeune et dynamique qui a réussi dans beaucoup de domaines.

Votre successeur, Denis Le Saint, connaît en tout cas très bien le Stade Brestois 29...

J’ai eu plusieurs propositions d’investisseurs nationaux qui auraient été très intéressés pour prendre ma succession mais le Stade Brestois est un club très spécifique et je me voyais mal en confier les clés à quelqu’un qui n’aurait pas été du sérail. Il y avait une personne qui me venait tout de suite à l’esprit, c’est Denis. C’est quelqu’un de très entreprenant, qui a une réussite époustouflante dans les affaires. C’est un homme de parole, honnête et qui a déjà prouvé beaucoup dans le hand avec son frère Gérard. C’est l’homme de la situation. Le foot n’est pas simple alors il aura sans doute une petite période d’adaptation mais je lui fais grandement confiance et je l’appuierai pour qu’il puisse réussir dans son nouveau projet.

Que souhaitez-vous au club dans l’avenir ?

Le Stade Brestois est un club qui appartient aux Brestois, à la région et pour qu’il puisse grandir, il faut aussi que l’ensemble du public supporte son équipe de façon inconditionnelle et permette aux joueurs de se transcender. Une nouvelle page s’ouvre avec des bâtiments flambant neufs qui rassembleront le siège, l’Association et le Centre de Formation. Le regroupement de tout le monde sous le même toit devrait rendre l’ensemble plus productif. Je suis content que ça ait pu se finaliser pendant ma présidence. Denis travaille aussi sur un centre d’entraînement des pros. C’est important parce que les structures sont indispensables au bon fonctionnement d’un club. Le Maire, François Cuillandre, que je remercie, a aussi décidé d’investir dans une pelouse hybride nouvelle génération dès 2016-2017. Francis-Le Blé va également commencer une cure de jouvence, c’était nécessaire pour offrir de meilleures conditions d’accueil au public ».